Follow on Facebook Facebook 
Follow on Twitter   Twitter

Erre

 

Erre

ISBN 2-85446-397-8 Janvier 2006, 19×25, 24p., 20 Euros

Collections “formes et idées de l’art”

English

Long Lamento in one breath. Erre: in French, the imperative ‘Wander’ – but also “air”, and the one letter that distinguishes the Word (“le mot”) from Death (“ la mort”). A book that begins and ends with a comma, and where the wandering is physical and geographical, linguistic and philosophical, through systems, beliefs and worlds. A long atomic cry that questions all forms of belongings, and all notions of fixities – from the self to the world – and thus of all modes and manners of becoming. To be sung, shouted, told, whispered.

Français

Long lamento tendu sur un souffle de voix. Erre: imperatif à double sens, lettre distinguant le ‘mot’ de la ‘mort’, l’air, personage: multiples connotations d’un livre où ne figurant aucun point: l’errance est linguistique, physique, géographique, à travers les systèmes, les croyances et les mondes. Un long poème atomique, qui ne parlera du corps que pour se souvenir, peut-être, de la douleur de l’arrachement du corps. Fait pour être dit, hurlé, chuchoté: clivage, discord, chant.

Excerpt

erre, d’une langue à l’autre, d’un mot à l’autre, d’un son à l’autre, d’un timide recul face à l’étrangeté d’un vocable et de ses adorateurs, à l’autre, des cadences et des grincements et des vrombissements et des cliquetis des pas à d’autres, et des bouleversements et des bombardements de mondes à d’autres, ô moldeur pervers d’univers, erre, flottant, erre, et avec les vestiges de tes alphabets, allumant les étincelles de nouvelles guerres millénaires, erre et chante ton chant éternel: je vole mon cerf des pics des minarets et je voie l’ange de la révolte avec moi mon compagnon des jeux dans les cieux: mes nouveaux elixirs sauront ensevelir les dures randonnées linguistiques et les tyrannies des lettres: je montai jadis la tour et sur les ramparts de la tour je chassai les perversions des bestiaires philosophiques, je combattis les dérives de l’alphabet, j’escaladai les murs, et aux frontières du possible, aux extrêmes du possible, j’inventai les nouvelles conjugaisons de l’être, les nouvelles terminaisons du désir, les nouvelles grammaires du devenir; plus d’ici, de là, de je, d’autre; plus de cacophonie prophétique, de pyrolise phonétique, de simulacre graphique: à l’hôtel des écartèlements, j’implantais les grains de futurs et imaginaires monuments: erre donc ô prince des pays assassinés, ami des poètes assassinés, cultivateurs des terres bombardées, jongleur emerveillé des boutades de l’air survolant les décombres, erre et chante, seigneur solitaire des adeptes d’immolateurs de seigneurs, ton chant éternel: je colore le ciel et la terre, et les lumières et les ténèbres, avec mon regard enchanté: et de ma plume ensanglantée, je signe de mon nouveau nom toutes ces pages et ces pamphlets, averses hérétiques et giboulées de blasphèmes qui se précipitent des paradis invisibles: et lentement, lentement, le mot se détache du tissu fatal – le secret du mot étalé dans l’aire de la mort: à travers les fentes de l’inconnu, sur le seuil des mystères, je franchis l’autel, et révèle l’alchimie du vers: erre,

cover_erre

 

.